La Bohalle au temps de l’épidémie

Publié le

Par Jean-Michel Delage

Au départ, l’idée était de photographier un village confiné… Le privilège de vivre en milieu rural… Et au fil des jours des semaines, l’idée d’en faire un livre s’est invitée… Aujourd’hui, alors que nous avons tous plus ou moins repris le cours de la vie… le livre se prépare. Et nous souhaitons le sortir à l’automne… Mais pour cela on compte sur vous tous !

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Origine du projet

Le 17 mars, suite à l’épidémie, toute la France se confinait. Un évènement inédit. Une période incroyable… Photographe, Jean-Michel Delage décide de photographier son village d’Anjou. Et ses habitants. Il leur demande aussi d’évoquer leurs quotidiens plus ou moins bouleversés. Pendant plus de 50 jours, le photographe rencontre dans la rue, dans les jardins ou sur les chemins les habitants de la Bohalle. Infirmière, retraité, professeur, pompier, employé, maraîcher… tous ont une singularité, une histoire… Ce petit village est un petit confetti de la France. Un village parmi les milliers qui font notre pays. Le photographe s’intéresse aussi au paysage, aux détails de ce petit bourg. Il n’avait jamais fait une seule image ici, depuis son installation il y a deux ans… Il ne connaissait guère ses concitoyens… Au fil des jours il porte son regard sur ce village, et ce temps qui défile lentement… Son travail, il le suspend le 10 mai. Fin du confinement.  La vie reprend… Ce printemps 2020 restera dans l’Histoire. Et dans l’esprit de chacun.

Virginie : “nous sommes maraichers et horticulteurs. Nous vendons nos légumes, nos fleurs coupées et aussi d’autres produits locaux. Nous sommes confinés tous les deux dans la serre! En respectant nos distances ! Pour recevoir les clients au magasin, on demande aux gens de respecter la distance d’un mètre. Et par mesure de sécurité, on ne fait pas rentrer dans le local. Donc je les sers un après l’autre. Nous proposons aussi aux clients de commander par mail puis de venir retirer la commande sur place. Actuellement, économiquement c’est difficile. Mais c’est pour tout le monde pareil. Pour autant, j’ai tendance à tirer du positif : Je prends cela comme un temps de repli, on se consacre plus sur nos cultures. Et on  prend le temps d’être en accord avec la terre. »

Guillaume : “En ce moment, je suis en télétravail. Je donne mes cours de guitare-basse à distance. Via skype ou Messenger. C’est un peu moins la course, les cours collectifs ont été annulés, donc moins de trajets,  et je fais donc beaucoup plus de musique ! » Avec les membres de son groupe, Arcania (du bon gros Metal !!!), chacun avait déjà l’habitude de travailler à distance. « Chacun dans son home studio, et ensuite, on s’envoie les pistes! Par contre, les répétitions et les concerts sont évidemment reportés pour le moment ! » Quant à sa vie à la Bohalle ? « Pour moi, ça change rien… Du sport, seul, comme d’habitude. Avec les voisins on arrive à discuter de nos jardins mais c’est déjà le cas habituellement. Et les apéros avec les copains, c’est sur Skype ou Messenger. Je n’aimerais pas être à la place de ceux qui vivent en appartement. C’est sans doute plus facile pour nous de respecter  un confinement que pour ceux enfermés dans des clapiers de 25 m2 sans possibilité de sortir. …

Françoise et Jack : « Moi j’adore le jardin », reconnaît Françoise. « Quand je travaille, je n’ai pas le temps. Là, je me fais plaisir. Là on a le temps de se lancer dans du gros œuvre ! On va plus loin dans l’ouvrage ! On fignole ! » Cela dit, parfois, ils se sentent un peu seuls, tous les deux : « On est bien chez nous mais on est un peu seuls. Ce n’est pas la prison mais on n’est pas tout à fait libres », admet Jack. Parents et aussi grands-parents, ils utilisent tous ces moyens de communication. « On a appris à apprivoiser WhatsApp et d’autres systèmes… et finalement, on est confiné mais on prend plus de nouvelles de nos proches ! D’habitude, on a la tête dans le guidon, et on oublie peut-être le principal… Aujourd’hui, ce dimanche, c’est la première fois qu’on se faisait un apéro famille en ligne ! «  Mais pour Jack, la situation est tout de même singulière : «  Je devais encore travailler trois ou quatre semaines avant ma retraite… Là je ne sais même pas si j’aurai l’occasion de reprendre ! C’est étrange d’avoir une pré-retraite comme celle-çi ! Et de finir sans travailler, sans voir les collègues, et de me dire que je n’aurai pas de souvenirs de la fin de ma vie professionnelle. C’est  vraiment bizarre…”

Danielle et André: ” C’est pas drôle ce qui se passe », reconnaît Danielle, «  Comme dit le Président, on est en guerre sanitaire. Nous on est très obéissants. Nous ne sommes pas encore sortis. Mais on ne s’affole pas non plus ! » nous sommes allés au supermarché, faire les mêmes courses que d’habitude. Sans faire des réserves pour tenir un siège ! « Sinon on va chez le maraicher et puis on a ce distributeur de légumes, qui peut dépanner. » Mais cette situation ne change pas grand chose dans notre vie. C’est sans doute différent pour les familles qui ont des enfants, des gens qui ne travaillent plus à cause de ce foutu virus ! »

 

 

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